Dans 23 jours = 14 août
Anniversaire
Libération de Saint-Malo
1944/2014
70 ans
Aujourd'hui :
Fête du jour : Marie-Madeleine
Saint-Malo - Août 1944
carphaz.com  
Le mercredi 2 août 1944 des bruits alarmistes circulaient prédisant que les allemands voulaient dynamiter les portes de l'écluse et les quais. Le lendemain 3 août le colonel Andréas Von Aulock, Commandant de la région malouine nommée "Forteresse de Saint-Malo", déclara les lieux en Zone de Combat et ordonna l’évacuation immédiate et obligatoire de toute la population y compris celle rurale avant le lundi 7 août sous peine de sanctions sévères voire de la peine de mort. De plus à partir du 5 août, à midi, tous les cafés, restaurants, magasins et entreprises artisanales furent interdits. Il ordonna à ses troupes de résister jusqu'aux ultimes limites.
Le dimanche 6 août, les troupes américaines pénétrèrent dans la région malouine nommée Forteresse de Saint-Malo. Aussi, la matinée de ce dimanche fut d’une telle confusion que dès 11 heures des tirs d’obus de la 83ème Division d'infanterie (US) tombèrent sur l’Intra-muros près de la Poste pendant que des soldats allemands de la Wehrmacht et ceux de la Kriegsmarine prétendant tirer sur des résistants se battaient entre eux quant, vers 14 heures, la marine allemande depuis le dragueur de mines n° 6 de la 24.MsFl, tira sur le clocher de la Cathédrale Saint-Vincent qui s’effondra immédiatement sur la Chapelle du Sacré-Cœur. Peu de temps après, les navires de guerre de la Kriegsmarine, en état, abandonnèrent le port de Saint-Malo et allèrent se réfugier vers les îles anglo-normandes. (Les travaux de reconstruction de la Cathédrale durèrent jusqu'en 1972).

Le capitaine Engelhard commandant la Platzkommandantur décida, ce jour, de faire interner Auguste Briand, maire de Saint-Malo, dans le Fort National avec près de 380 autres otages hommes âgés de 18 à 60 ans. Un peu plus tard, des tirs d’artillerie mettent le feu aux baraques implantées avec la FLAK (Défense aérienne allemande) sur les tours du château dont l'unité est commandée par Franz Küster, qui avant guerre était juge à Cologne. Plusieurs habitations de la place Chateaubriand sont également incendiées par ce tir.

Le lundi 7 août tôt le matin et à une heure inhabituelle, des bombardements eurent lieux sur l'îlot du Grand Bé et sur l'île de Cézembre. A midi, les chars américains arrivèrent par la plage du sillon. Les explosions firent trembler le sol jusqu' au soir et le feu se propagea dans les quartiers en illuminant le ciel d'une couleur rouge sang. Dans le début de la soirée les installations portuaires furent dynamitées et les grues s'écrasèrent dans les bassins puis, en cette nuit du 7 au 8 août les soldats du Génie allemand firent sauter le Môle des Noires sur environ 200 cent mètres, qu'ils avaient, préalablement minés, les 25 et 26 juillet précédents.

Le mardi 8 août, les premiers soldats américains arrivèrent par Saint-Servan ville la plus proche de Saint-Malo (environ 1500 mètres). Dans la matinée, les soldats du génie allemand firent exploser les portes de l’écluse entraînant ainsi, le vidage du bassin Vauban et l’échouage de l'ensemble des navires et péniches s'y trouvant. Les tirs d'artillerie des canons américains venant des bateaux en mer attaquèrent le Bastion de la Hollande. Au cours de ce combat le cargo Hüxter navire-hôpital allemand fut coulé dans le bassin Bouvet, (il ne fut renfloué qu’en février 1945).

Durant cette journée du mercredi 9 août la ville fut fortement bombardée et un obus perfora le toit des Nouvelles Galeries implantées rue Porcon de la Barbinais occasionnant l’embrasement total de l’immeuble. Vers 20 heures 30, un tir de barrage d'une extrême violence fut déclenché sur Intra-muros où, après une heure et demie de cauchemar, des incendies se déclarèrent et se multiplièrent dans presque toute la ville.

De plus, un obus tomba sur le Fort National où, l’on dénombra près de vingt sept victimes dont neuf hommes furent tués sur le coup. Le Docteur Lemarchand également emprisonné prodigua les soins de première nécessité mais dans la nuit deux autres victimes succombèrent.

Le jeudi 10 aout au matin douze brancards furent amenés au Fort National afin d’évacuer les blessés vers l’Hôtel-Dieu mais, il fut impossible de s’y rendre par la ville et les brancardiers durent traverser les rochers et emprunter la plage Malo où, deux blessés décédèrent. Les sauveteurs parvinrent à contourner la Tour Bidouane et rejoindre l’Hôtel-Dieu où, quatre autres blessés décédèrent encore de leurs blessures. Dans la soirée, le Casino, magnifique construction réalisée, en partie, avec du bois, prenait feu. Le bois sec crépitait et les flammes embrasaient le ciel tandis que ce consumait la bâtisse. Puis, ce furent les forteresses volantes américaines qui bombardèrent la Cité tandis que l’artillerie alliée pilonnait l'île de Cézembre. Sur le Fort National, les onze morts furent inhumés dans une tombe creusée par des volontaires sur la courtine Est du fort.

Le vendredi 11 août débuta avec un épais brouillard puis, vers 10 heures deux américains furent fait prisonniers. Ils furent obligés de laisser leur camion sous le tir des allemands. Le Capitaine Berry, légèrement blessé, et le Lieutenant Johnson qui appartenaient au corps de transport américain (train) sont conduis à Franz Küster commandant du château de Saint-Malo qui devint l’objectif des alliés. Saint-Malo était en feu en divers endroits aussi, les foyers furent impossibles à éteindre par les équipes de bénévoles qui n'avaient que des seaux et des haches. Ceux-ci agissaient dans le fracas indescriptible des bombes tombant sur les rochers faisant trembler le sol de l'Intra-Muros. Dans l’après-midi, l’aviation alliée bombarda la Cité et Cézembre.

Le samedi 12 août, les tirs d'artillerie commencèrent dès 7 heures visant le château tandis que depuis Dinard les alliés pilonnaient le Grand Bé et Cézembre alors que l’Intra-muros se transformait en fournaise. Puis, ce furent les avions rase-mottes (piper) qui dirigèrent les tirs sur le château et la ville où, les obus tombèrent sans cesse. La tourelle d'observation du château fut détruite. Peu après 17 heures des chasseurs-bombardiers ont attaqués le château avec des bombes incendiaires au phosphore dégageant leur gaz dans un épais brouillard qui noircissait toute la ville et propageant des incendies en divers endroits.

Le dimanche 13 août, les nuages de fumée cachaient le soleil et l'odeur de brûlé était répandue dans toute la ville. La forteresse fut perdue pour les allemands qui ne possédaient plus l'armement indispensable pour soutenir le siège mais le Lieutenant Franz Küster reçu l'ordre du Colonel Von Aulock de tenir coûte que coûte.

A 11 heures les tirs reprirent et des fragments du Donjon tombèrent de plus en plus. Vers 15 heures, 150 avions de bombardements (Libérator 4 moteurs) larguèrent leurs bombes sur la Cité, le Grand Bé, Cézembre et le Château. L'horreur fut à son comble et quelques bombes lourdes tombèrent aussi dans la ville d'où un champignon de fumée immense monta vers le ciel alors qu'un tremblement de terre fit s'écrouler les bâtiments et immeubles. Les allemands sabordèrent le bâtiment de guerre M4612 (ex Walkyrie chalutier à vapeur) dans le port de Saint-Malo afin de bloquer son accès.

Le lundi 14 août, les bombardements continuèrent et vers 9 heures, vingt chars blindés alliés tentèrent de pénétrer dans Intra-muros. Le premier char Allemand (Shermann-Panzer) fut touché par une mine sous la voûte de la porte Saint-Vincent et les autres reculèrent. Finalement à midi, les américains pénétrèrent dans la ville. Alors, la résistance allemande ne pouvait plus tenir et Franz Küster, commandant de la place, rassembla ses officiers et leur ordonna de détruire ce qui restait du matériel de guerre. Le sytème défensif Allemand pour l'Intra-muros comprenait trois canons de 20 mm en cuve installés sur la terrasse de la Galère (pointe du château proche du casino), trois canons de 20 mm sur le Bastion de la Hollande, un tobrouk, équipé d'une tourelle de char, implanté face à l'îlot du Grand Bé, en contre-bas de la porte des Champs-Vauverts. Sous le chemin de ronde du Bastion de la Hollande, en face la plage du Prieuré à Dinard et près la porte Saint-Pierre, fut coulée une casemate pouvant recevoir un canon de 50 mm. Enfin, la D.C.A. était placée sur le Bastion Saint-Philippe et comprenait un canon de 37 mm.

Ensuite, Franz Küster contacta le Lieutenant américain Raeder à qui il fit connaître ses souhaits de capitulation à savoir : la prise en charges de ses soldats blessés, de ceux de l'Hôtel-Dieu, la protection de ses soldats, du médecin français et de l'infirmière. Le Lieutenant Raeder fit part de la situation à son Commandant et revint avec un accord de reddition qui dût intervenir à 17 heures. Mais, la Cité et Cézembre résistaient toujours et les 15 et 16 août la batterie de la cité continua ses tirs d'obus sur Intra-muros d'où, les américains qui avaient installés, à la porte de Dinan, des pièces d'artillerie ripostèrent sans arrêt.

Dans l'après-midi de ce jeudi 17 août, depuis le fort de la Cité, le Colonel Von Aulock donna enfin l'ordre de reddition dans toute la citadelle. Les hommes quittèrent leurs postes et sortirent du côté de Solidor. Sur son souhait, le Colonel Von Aulock fut conduit à l'Hôpital du Rosais et demanda où étaient ses soldats blessés.

Il lui fut répondu qu'ils étaient partis et prisonniers des américains. Alors, il quitta L’Hôpital du Rosais et se fit conduire au casernement de Lorette où, des prisonniers allemands, au garde-à-vous, le saluèrent une dernière fois. Puis, Le Colonel Von Aulock monta, entourés de soldats américains, dans une jeep, à bord de laquelle le chauffeur le conduisit à Rennes. Ce jour là également, l’Ile de Cézembre, où sont affectés plus de 300 soldats allemands commandés par l’enseigne de vaisseau Seuss, fut arrosée de napalm par 35 avions américains.

Ce samedi 2 septembre vers 9 heures 50, les troupes allemandes de l'île de Cézembre capitulèrent, après avoir subit un bombardement par 200 avions qui larguèrent environ, le jeudi 31 août entre 12 heures 50 et 13 heures 40, deux mille quatre cent bombes qui rendirent inutilisable l’appareil de distillation de l’eau de mer en eau douce.

De Saint-Malo, il ne restait que les décombres des maisons calcinées ou effondrées. En quinze jours, des siècles d'histoire ont été effacés à jamais.

Au Fort National : Pierre Lemarchand

Cézembre l'île interdite : Véra Kornicker

Cézembre : Louis Motrot

Complainte pour une Cité Sacrifiée : Dan Lailler

Guy la Chambre : Michel Ladoucette

L'agonie de Saint-Malo : le Docteur Paul Aubry

La Bataille et la Libération de Paramé : Jean le Masson

La Cité Bastion de la Forteresse de Saint-Malo : R. Fouque

La Ruée sur Saint-Malo suivie de la Banlieue sous les Obus : Docteur Paul Aubry

La Vie sous l’Occupation dans le Pays Malouin : Ville de Saint-Malo

Le Mur de l’Atlantique sur la Côte d'Emeraude : Alain Dupont et Eric Peyle

Le Septième Siège de Saint-Malo : Yves Lebreton

Libération de Saint-Malo : Société d’Histoire et d’Archéologie de Saint-Malo

Quatre ans sous la botte : Edouard Descottes

Qui a Incendié Saint-Malo : R. Fouque

Saint-Malo 1940/1948 : Louis Pottier et Philippe Petout

Saint-Malo 1944/1960 : Yves Scordia

Saint-Malo dévasté 20 dessins : X. de Langlais et Théophile Briant

Saint-Malo en Flammes : Philip Beck

Saint-Malo Occupée Saint-Malo Libérée : Gilles Foucqueron

Saint-Malo sous l’Occupation : Patrick Beroul

Vie et Résistance à Saint-Malo pendant la Guerre : Gilles Avril

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