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Le Grand Bé (Bey)

C'est sur le Grand Bé, situé à environ 400 mètres de Saint-Malo que la commune de cette dernière prit naissance lors de l'assemblée du peuple en l'année 1308 et durant laquelle celui-ci "jura sa commune" à la suite d'un soulèvement des habitants contre l'évêque Robert du Pont.

En 1360 les ermites qui occupaient les lieux avaient construits une chapelle dédiée à Notre-Dame des Lauriers, puis à Saint-Ouen. La célèbre foire la Sainte-Ouine fut longtemps organisée, le premier dimanche avant la passion, devant la chapelle. Aujourd'hui cette foire s'est transformée en fête foraine et est installée de fin janvier à fin février aux pieds des Remparts ainsi que sur les quais Vauban et Saint-Louis.

Vers 1555, le Grand Bé fut surmonté d'une redoute, remplacée ensuite par des fortifications en 1652.

Le 29 décembre 1682, le Grand Bé fut déclaré, par sentence, domaine de l'état. Les anciennes fortifications furent remplacées par un fort construit en 1694 par le service du génie, qui a conservé l'îlot ainsi que le fort dans ses attributions durant près d'un siècle.

Ainsi, en 1697, le roi entretenait, sur le Grand Bé, 3 bombardiers pour 6 mortiers et 4 canonniers matelots. Son armement était de 4 canons de 48 livres, 4 canons de 36 livres et 4 canons de 24 livres. L'organisation était dirigée par 2 officiers qui dirigeaient 3 bombardiers, 4 canonniers de mer, 120 canonniers de milice, 30 soldats et 45 matelots.

Au début de la Révolution, l'îlot du Grand Bé passa sous la juridiction de la marine et à partir de 1782, le fort ne fut plus entretenu puis laissé à l'abandon.

Par la suite, un décret du 24 juin 1793, autorisa la construction d'une sorte de muret en pierres de taille depuis le bastion des Rennais jusqu'à l'îlot du Grand Bé. Les fonds devaient être mis à la disposition du ministre de la marine et les travaux dirigés par les officiers du génie. Ces travaux à peine commencés furent rapidement abandonnés.

Après la décision du 5 octobre 1818 du ministre de la marine Laurent de Gouvion-Saint-Cyr et du procès-verbal du 1er décembre suivant, l'îlot du Grand Bé fut concédé temporairement à la ville de Saint-Malo afin d'y installer un lazaret.

L'îlot du Grand Bé fut définitivement remit au département de la guerre par décision du ministre de la guerre le Maréchal Claude Victor-Perrin le 6 octobre 1822 confirmé par le procès-verbal du 7 novembre suivant.

Par la suite, la ville de Saint-Malo fut autorisée, après la décision du 21 janvier 1836, à faire construire le futur tombeau de Chateaubriand sur la pointe la plus occidentale de l'îlot du Grand Bé.

Suivant l'acte du 17 mai 1839, le maire de Saint-Malo a reconnu que cette cession laissait subsister dans toute leur plénitude, les droits de propriété du département de la guerre sur la totalité de l'îlot. Une chaussée submersible conduisant au Grand Bé puis au Petit bé a été construite afin de permettre, lors de la marée basse, l'accès des piétons aux jetées, dont on voit encore les ruines, où les bateaux de Dinard venaient accoster.

Aujourd'hui, ce qui attire le plus les touristes sur le Grand Bé, c'est sans conteste le tombeau du célèbre écrivain François-René de Chateaubriand. Ce dernier, fit en 1828, par l'intermédiaire de son ami Charles Cunat, officier de marine et historien, la demande au maire de Saint-Malo d'avoir pour sépulture, sur le Grand Bé, six pieds de rocher. La concession ne lui fut accordée qu'en 1836 pour les raisons que nous avons décrites précédemment. Douze ans après, le 18 juillet 1848, eurent lieu sur le Grand Bé les obsèques de l'écrivain et le corps de Chateaubriand fut placé sous une dalle de granit, sans nom, surmontée d'une croix en granit également.

Un peu moins d'un siècle plus tard, durant l'été de 1942, l'armée Allemande commença des travaux pour l'armement du Grand Bé. Ceux-ci débutèrent par la construction d'une chaussée carrossable menant jusqu'à l'îlot afin de pouvoir transporter le matériel. Puis se fut le déroctage d'un passage permettant aux véhicules de monter jusqu'au tombeau de Chateaubriand.

Sur ce petit îlot, il fut implanté une batterie d'artillerie de marine comprenant quatre casemates de marine équipées chacune d'un canon de 105 mm dirigés vers la mer, une plate-forme pour un affût quadruple de 20 mm antiaérien, des soutes à munitions, huit abris pour environ 120 soldats et un poste directeur de tir. Enfin, l'espace près le tombeau de Chateaubriand fut transformé en plate-forme avec un parapet à meurtrières où fut installé un puissant projecteur.

Le 16 août 1944, eut lieu sur le Grand Bé, le débarquement de la 329e armée qui vers 13 heures obtenait la reddition des 150 soldats de l'armée Allemande basés sut l'îlot.

En 1948, une plaque commémorative fut apposée sur le rocher en face le tombeau de Chateaubriand et qui mentionne ceci : "Un grand écrivain Français a voulu reposer ici, pour n'y entendre que la mer et le vent, passant, respecte sa dernière volonté".

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