Aujourd'hui :
Fête du jour : Clément
Guerre (1939-1945) - Ils sont nés, ont vécus, sont morts où inhumés à Saint-Malo
carphaz.com  
Auguste Chilou (Adjudant)
Nom : Chilou
Prénom : Auguste
Date de Naissance : 17-05-1912
Lieu de naissance : Rennes
Département / Pays de naissance : 35 - Îlle-et-Vilaine
Matricule : 35.132 Grade : Adjudant
Unité : Forces Aériennes Françaises Libres - 2ème Régiment de Chasseurs Parachutistes - 2ème R.C.P. -F.A.F.L.
Affectation :
Mort pour la France : OUI
Date de décès : 29-06-1944 - âge : 32 ans et 1 mois
Lieu de décès : Lieu-dit Rémungol de bas - Plumelec 
Département ou Pays de décès : 56 - Morbihan
Incarcération : Prison de Perpignan - Tortosa - Saragosse - Miranda
Motif d'incarcération : Faux papiers et évasion
Matricule déporté :
Cause du décès : Tué au combat
Statut : Militaire - Air (Résistant)
Infos Ministère : Ministère de la Défense
Réf du dossier : AI-1MI-28-579
En 1932, Auguste Chilou, comme tous les jeunes hommes, de cette époque, âgés de 20 ans, fut astreint au service militaire. Aussi, il quitta sa famille et rejoignit la caserne de Rochefort (17 - Charente-Maritime) afin d'être incorporé dans le 3ème Régiment d’Infanterie Coloniale (3ème R.I.C.) d'où, il fut envoyé au Maroc en tant que soldat de 2ème classe. Douze mois plus tard, le 7 mars 1933, il fut libéré de cette obligation et reçu son Certificat de Bonne Conduite. Ensuite, il décida de poursuivre son engagement et rempila pour cinq années supplémentaires dans son régiment avec lequel il partit en Indochine.

En 1938 il revint avec son régiment dans la caserne Commandant-Lucas à Marennes où, il fut nommé Caporal puis Caporal-chef. C'est ensuite, le 07 février 1939, qu'il se réengagea pour trois années, toujours, dans son régiment avec le grade de Sergent. Deux mois après, le 14 avril 1939, il épousa Henriette Boisliveau avec laquelle il a eu trois enfants Christiane, Jean-Michel et le dernier Henri, né le 30 novembre 1942, qu'il ne connu pas.

Mais, survient, le 03 septembre 1939, la mobilisation générale et, ce jour à 17 heures, la France déclara la guerre à l’Allemagne suivit par l'Angleterre.

En juin 1940 le 3ème R.I.C. incorporé dans la 1ère Division d'Infanterie Coloniale (1ère D.I.C.) fut transporté sur le front de la Marne et le 8 juin 1940 Auguste Chilou fut nommé Sergent-chef. Le 13 juin suivant les combats ont eut lieu aux alentours de Saint-Dizier avec un repli vers Bar-le-Duc puis la région de Sedan mais, le 15 juin 1940, une Panzerdivision obligea les troupes Françaises à se replier de nouveau permettant ainsi aux Allemandes de faire de nombreux prisonniers dont Auguste Chilou qui fut transféré vers le camp de Sainte-Menehould d'où, il s'évada en décembre 1940 pour revenir à Rennes où il se cacha jusqu'au 03 avril 1942.

A cette date, il décida de rejoindre l'Espagne en passant par Cerbère (Pyrénées-Orientales) mais ici, il fut arrêté, par la police de Vichy, et emprisonné un mois à Perpignan. Sitôt sorti de prison il passa la frontière sous un nom d'emprunt mais fut, cette fois, interpellé en Espagne, par la Garde Civile Espagnole, et emprisonné, à Tortosa et Saragosse du 02 juin au 24 juillet 1942 puis dans le camp de concentration Franquiste de Miranda de Ebro du 28 juillet au 23 septembre 1942, jour de sa nouvelle évasion vers Gibraltar où il resta du 28 septembre au 12 novembre 1942.

Ce fut durant ce séjour à Gibraltar, qu'Auguste Chilou, en tant que Sergent-chef, reçu de la part des Forces Françaises Libres locales le commandement d'un groupe de 25 hommes qui, le 12 novembre 1942, s'embarqua vers l'Angleterre qu'il rejoignit le 20 novembre suivant. Le lendemain, Auguste Chilou fut conduit à Londres où, le 08 décembre 1942, il s'engagea encore mais cette fois dans les Forces Aériennes Françaises Libres (F.A.F.L.) puis rejoignit son affectation le 11 décembre suivant dans le camp du petit village de Camberley situé dans le Surrey à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest de Londres.

Ici, Auguste Chilou prit part à l'entraînement des parachutistes S.A.S. (Special Air Service) encadrés par des anciens de la Compagnie de Chasseurs Parachutistes (1ère C.C.P.) dont faisait partie René Dejean. Ceux-ci, étaient rentrés en Grande-Bretagne, le Jeudi 10 décembre 1942, après les campagnes sur Tobrouk et Benghazi en septembre 1942. Ainsi, Auguste Chilou fit sa préparation au saut nécessitant un entraînement physique très rude dans l'école de la 1ère Brigade Indépendante de Parachutistes Polonais à Largo en Écosse. Dans cette école il participa au stage n° 55 à Ringway du 11 au 22 février 1943. A l'issu de celui-ci, Auguste Chilou reçu le brevet Polonais qui lui fut délivré le 1er mars 1943.

Quelques mois plus tard, après de longues semaines d'entraînement intensif, lors d'un stage à l'Airborne Forces Experimental Establishment de Sherburn-in-Elmet (village du district de Selby dans le comté du Yorkshire du Nord), vint le 23 octobre 1943 durant lequel, à partir d'un Douglas, vingt parachutistes, composant la section du lieutenant Pierre Marienne, sautèrent parfaitement groupés dans l'ordre suivant : Pierre Marienne sauta le premier suivi du Sergent-chef Auguste Chilou puis de Goder, Hoareau, Ismard, Le Maou, Schweitzer, Fraise, Le Corre, Racine, Bouétard, de Alma, Muller, Lakermance, Vernet, Soldevilla, Le Floch, Treis, Raufast et enfin Taylor qui sauta le dernier. Ce jour là, avec ce saut, cette section battit le record mondial de vitesse de saut groupé en 7''5/10ème battant ainsi le record détenu par les Américains qui était de dix secondes.

Le 11 janvier 1944, les deux Bataillons d'Infanterie de l'Air (3ème et 4ème B.I.A.) furent intégrés à la S.A.S. Brigade du brigadier MacLeod et rejoignirent, fin janvier, le camp d'Auchinleck dans le East Ayrshire, en Écosse. Dans ce camp, où l'entraînement se faisait de jour comme de nuit, Auguste Chilou apprit la topographie afin de savoir lire une carte, utiliser une boussole et trouver un objectif en pleine nuit puis, il pratiqua le tir avec toutes sortes d'armes. Mais aussi, il se familiarisa avec le maniement des explosifs afin de réaliser toutes sortes d'attentats. La conduite des jeeps, camions et motos faisait aussi partie de la formation.

En avril 1944, les 3ème et 4ème B.I.A. deviennent respectivement les 3rd et 4th S.A.S. Regiments pour les Britanniques et les 3ème et 2ème Régiments de Chasseurs Parachutistes (3ème et 2ème R.C.P.) pour les Français. Alors, le 22 avril 1944, le général Montgomery signifia que la S.A.S. Brigade serait une des premières engagée dans les combats. Ce fut fin mai 1944 que les hommes du 4ème Bataillon dans lequel Auguste Chilou était incorporé avec le 2ème R.C.P. apprirent qu'ils allaient quitter l'Écosse et que le dénouement final, tant attendu, était imminent.

En effet, le samedi 27 mai 1944, le 4ème Bataillon fut transporté, par train, vers la base de Fairford, dans le Gloucestershire où, les parachutistes y furent maintenus au secret sans pouvoir communiquer avec l'extérieur jusqu'au 1er juin 1944. Ce jour là, ils furent informés par le commandant Bourgoin que quatre sticks ( groupe de parachutistes sautant successivement d'un avion), aux ordres des lieutenants Pierre Marienne qui avait pour second l'adjudant Auguste Chilou (code Pierre 1), Henri Déplante (code Pierre 2), Botella (code Pierre 3) et Deschamps (code Pierre 4), seraient les premiers parachutés en Bretagne dans la nuit précédant le débarquement.

Les deux premiers groupes, dans lesquels était Auguste Chilou avait pour mission de prendre contact avec la Résistance afin de créer, dans une base codée "Dingson", près de Saint-Marcel, dans le Morbihan, les conditions maximales pour le parachutage, dans les jours suivants, des troupes indispensables pour bloquer les mouvements des troupes Allemandes stationnées en Bretagne. Mais déjà en Bretagne, la Résistance qui était en contact avec Londres avait, dès le dimanche 04 juin 1944, décidée que dans la ferme de Pelhué qui appartenait à la famille Jégo, serait installé le poste de commandement du maquis de Plumelec et alentours.

Alors que les Maquisards attendaient avec impatience le jour J. en Bretagne, les parachutistes Français attendaient, le lundi 05 juin 1944 vers 21 heures, sur la base de Fairford, l'ordre d'embarquer dans les deux quadrimoteurs Short Stirling qui devaient les parachuter en Bretagne. Enfin, vint cet ordre de lancer le Débarquement le lendemain 06 juin 1944. Dès lors, les groupes embarquèrent dans les avions qui décolèrent d'Angleterre vers 23 heures le 05 juin 1944 et environ 1 heure 30 plus tard le groupe de Pierre Marienne et Auguste Chilou fut parachuté, par erreur, à environ un kilomètre du moulin de la Grée à l'Ouest de Plumelec (Morbihan) qui servait d'observatoire aux Allemands qui, dès qu'ils aperçurent les parachutistes donnèrent l'alerte et les premiers combats débutèrent environ 30 minutes plus tard. Plusieurs parachutistes furent tués et d'autres fait prisonniers.

Mais, un grand nombre parvint à se disperser dans la région afin de rejoindre le maquis de Saint-Marcel et dès le surlendemain 07 juin 1944 un premier contact fut établi entre la Résistance, Joseph Jégo et des parachutistes Français réfugiés à Saint-Jean-Brévelay mais aussi dans une ferme au lieu-dit la Petite-Métairie, à l'ouest du grand bois de Donnan, dans laquelle les fermiers et le chef local des F.F.I. Ambroise Morizur étaient en compagnie des Lieutenants Pierre Marienne, Henri Déplante et d'autres S.A.S. dont l'adjudant Auguste Chilou. Ici fut organisé le transport du matériel militaire qui devait être acheminé vers la ferme de Pelhué à environ sept kilomètres. De là, les S.A.S devaient rejoindre le quartier général de la Résistance locale, à la ferme de la Nouette qui couvrait 70 hectares où fut créée une drop zone (zone de parachutage). Depuis ce maquis, les S.A.S. organisèrent les opérations de guérilla et de harcèlement en armant les F.F.I. ainsi que la récupération des sticks et des divers armement et munitions.

Depuis le 06 juin 1944, en douze jours, ce fut plus de 2500 hommes du maquis de Saint-Marcel qui furent équipés en armes. Mais, il fallait aussi nourrir l'ensemble de ces bataillons. Alors, les cochons furent achetés sur pied dans les fermes d'où venaient également les pommes-de-terre et le lait pour les cuisiniers du camp. Puis vint le 18 juin 1944, jour de l'attaque du maquis de Saint-Marcel par les Allemands et durant laquelle Auguste Chilou s'illustra avec trois autres camarades Crizik, De Aima et Gérard tous armés de fusils-mitrailleurs, avant de décrocher après 22 heures 30 vers le Château de Callac à environ 15 kilomètres de la Nouette. Cette opération fit 560 morts côté Allemands et de nombreux blessés, et côté Français 50 parachutistes et 200 maquisards furent tués.

Onze jours plus tard, le 29 juin 1944, au lieu-dit Remungol de Bas (Région de Plumelec), dans sa ferme, Mme Mounier et sa fille Marie ainsi qu'un frère de Joseph Jégo attendaient la venue de ce dernier qui était l'intermédiaire du Lieutenant Pierre Maurienne qui lui avait confié de l'argent pour Auguste Chilou, afin que celui-ci qu'il puisse acheter de la nourriture pour les troupes. Mais ce dernier ainsi que plusieurs autres S.A.S. et F.F.I., sont cachés dans les bois à environ 200 mètres à l'est de la ferme des Mounier où Chilou retrouva Joseph Jégo qui, alors, lui remit deux billets de mille Francs pour acheter un veau ou un cochon.

Plus tard, après le départ de Joseph Jégo, une patrouille Allemande repaira les S.A.S. et les F.F.I. qui furent immédiatement cernés puis attaqués. Ce fut lors de cet affrontement meurtrier que l'adjudant Auguste Chilou trouva la mort après avoir épuisé les munitions son arme. La ferme des Mounier fut ensuite incendiée, Henri Mounier, le fils de la famille, fut arrêté avec Robert Pichot qui, tous deux furent, quelques temps après fusillés.

Le nom d'Auguste Chilou est inscrit sur les Plaques Commémoratives situées derrière la stèle de l'Enclos de la Résistance à Saint-Malo (Intra-muros).

Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de la commune de Plumelec mais aussi sur le Mémorial des Parachutistes S.A.S. de la France Libre érigé au lieu-dit Moulin de Grée de cette ville (56 - Morbihan).

Son nom figure aussi sur le Mémorial nommé Panthéon de l'Hôtel de Ville de Rennes près le secrétariat.

Le nom d'Auguste Chilou est aussi inscrit sur le Mémorial International du Special Air Service (S.A.S.) qui est implanté à Sennecey-le-Grand (71 - Saône-et-Loire) et qui fut inauguré le 04 septembre 1984 jour anniversaire de la bataille de Sennecey. Ce monument est dédié à la mémoire des 529 parachutistes S.A.S. - 301 Britanniques, 205 Français et 23 Belges - qui ont donné leur vie pour notre liberté au cours de la seconde guerre mondiale.

Auguste Chilou fut fait, à titre posthume, Chevalier de la Légion d’Honneur le 10 novembre 1960.

Il a reçu, titre posthume, la Médaille Militaire de l’Armée de l’air et la Croix de Guerre avec Palme le 30 octobre 1944, la Croix de Guerre avec Étoile d’Argent le 13 octobre 1945, la Médaille des Évadés le 13 novembre 1945, la Médaille Commémorative des services volontaires des Forces Françaises Libres le 04 avril 1946, la Médaille de la Résistance Française le 10 novembre 1960, la Médaille de la déportation et de l’internement pour faits de résistance le 08 mai 1985 et la Médaille Militaire des Parachutistes le 03 mai 1949.

Le Conseil Municipal de Rennes décida le 01 juin 1987 d'honorer la mémoire d'Auguste Chilou en donnant son nom à une rue de la ville.

Depuis le 14 juillet 2017, jour de l’inauguration du nouvel espace commémoratif, par le maire de Saint-Malo, Claude Renoult, les anciens monuments aux morts ont tous été transférés sur une unique place située face à l’église Notre Dame des Grèves dans le quartier de Rocabey. Aussi, certaines plaques commémoratives ayant été remplacées il y a lieu de consulter les listes des noms sur les nouvelles stèles.

Il y a actuellement 5 visiteurs connectés sur carphaz.com
| Site optimisé Tablettes - Smartphones | Navigateur : ? | | Nous contacter | © 2017