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D'Alet à la Naissance de la ville de Saint-Malo

Saint-Malo de l'Isle, √©tait l'appellation courante, en ces temps o√Ļ le rocher, situ√© en pleine mer, expos√© aux vents dominants de l'Ouest au Nord et aux temp√™tes et, sur lequel le moine Aaron vint s'installer au VIe si√®cle, n'√©tait qu'une presqu'√ģle d'une quinzaine d'hectares, dominant la mer d'environ quinze m√®tres, en sa partie la plus √©lev√©e au Nord-Ouest et, reli√©e √† la terre ferme par le Sillon, une mince fl√®che de sable.

La ville de Saint-Malo est l'héritière d'Alet, antique cité Gallo-romaine qui a disparue au profit de la commune de Saint-Servan. Cette dernière, bénéficie de la même situation géographique que son ancêtre. L'ermite Malo ou Maclow ou Maclou en latin Maclovius, né vers le 29 mars 487, au pays de Gwent, fut ce célèbre prélat d'origine Galloise, qui occupa, aux environs de 541, le siège épiscopal de la cité Gallo-romaine d'Alet.

Les persécutions dont fut victime Malo l'obligèrent à fuir et à se réfugier en Saintonge. Là, il retrouva son vieil ami Saint-Léonce qui lui fit don de l'église et du village d'Archambray. Malo y a finit ses jours vers le 16 novembre 565 et fut inhumé à Saintes. Aux alentours de 740, les reliques de Malo furent rapatriées en l'église du rocher d'Aaron. Celui-ci devint ainsi, le sanctuaire de Malo. La ville de Saint-Malo prendra pour cette raison, le nom de l'illustre ermite.

Les Francs, dont Charlemagne fut le roi de 768 à 814, et les Sarrasins, qui pillaient sans répit la cité d'Alet, obligèrent le peuple à émigrer vers le rocher voisin plus facile à défendre.

Durant pr√®s de quatre si√®cles, cet exode alla en s'accentuant. Ceci, mena tout naturellement Jean de Ch√Ętillon, dernier √Čv√™que d'Alet et succ√©sseur de Donoald ou Donoal, en 1146, √†, en 1152, et apr√®s avoir obtenu du pape Eug√®ne III un avis favorable, r√©alis√© le transfert de son √©v√™ch√© vers le rocher d'Aaron. Conan III, Duc de Bretagne reconnut √©galement cette mutation ainsi que l'ensemble des biens, droits et privil√®ges accord√©s jadis √† l'ancien si√®ge √©piscopal.

Cet √©pisode du transfert d'√©v√™ch√©, a permit au rocher d'acqu√©rir son r√©el statut de ville et fut son v√©ritable acte de fondation. Peu apr√®s, en 1155, l'√©v√™que Jean de Ch√Ętillon d√©cida d'entourer sa ville de remparts.

Cette cité, dans laquelle le droit d'asile, fut supprimé en 1539 par François 1er, était un sanctuaire qui faisait du rocher, tout entier, un refuge et une terre de franchise pour qui y venait.

Elle √©tait ville √©piscopale au plein sens du terme et son √©v√™ch√© s'√©tendait jusqu'en haute Bretagne. Les √Čv√™ques de Saint-Malo conserv√®rent jusqu'√† la R√©volution leur pouvoir temporel et ce fut Gabriel, Comte Cortois de Pressigny qui se trouva, en 1790, dans l'obligation de quitter son si√®ge.

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