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Les Personnalités de Saint-Malo

Docteur Julien-Jean Offray de la Mettrie

Julien-Jean Offray de la Mettrie fut un médecin, polémiste et philosophe né à Saint-Malo le 19 décembre 1709. Il fut baptisé par J. Tillard en présence de Jean le Cordier, sieur de la Haute-Chambre qui fut son parrain et de Demoiselle Guionne Gaudron qui fut sa marraine. Il se maria à Lorient avec Marie-Louise Droneau qui était la veuve de Jacques le Verger, sieur de Kercado. De ce mariage sont issus deux enfants Marie-Angélique née le 11 juin 1741 et Jean-Julien-Marie né le 8 novembre 1742.

Dès son adolescence le jeune Malouin débuta ses études à Coutances puis alla au collège des Jésuites de Caen où il fit sa rhétorique puis, il fut confié au collège du Plessis à Paris, qui à l’époque offrait des bourses aux jeunes gens de l’évêché de Saint-Malo, où l’abbé Jean le Cordier, frère de son parrain, enseignait. Ensuite dès 1725, il entra au traditionnel collège janséniste d’Harcourt à Paris (aujourd’hui lycée Saint-Louis) afin d’y étudier la physique.

Après avoir dépensé les 6000 livres que son père lui avait envoyé pour suivre ses études à la Faculté de Paris, Julien Offray de la Mettrie dût immigrer faute de moyens financiers vers la Faculté de Reims où il fut reçu bachelier en médecine, le 2 mars 1733 et fait docteur le 29 mai suivant. Mais, il n’en était, semble t-il, pas fier puisqu’il prétendait avoir été couronné du sale bonnet d’Hippocrate puis il revint à Saint-Malo et fut inscrit sur le registre de la corporation des médecins le 3 août 1734.

Ensuite, dès 1735, il étudia dans l’Université néerlandaise de Leyde sous la direction de Herman Boerhaaven dit Boerhaave qui fut un médecin, humaniste et botaniste Hollandais de réputation internationale, dont le Malouin traduisit plusieurs ouvrages en français.

Déjà le 22 décembre 1738 Julien Offray de la Mettrie cédait ses droits de privilèges de l’ouvrage Aphorismes de Monsieur Herman Boerhaave sur la connoissance et la cure des maladies Traduit en François par *** à Messieurs Huart et Briasson libraires et imprimeurs à Paris. De plus, il fut édité en 1743 chez notamment Antoine-Claude Briasson Libraire à Paris un ouvrage très rare, qui démontre le sérieux du praticien, Observations de Médecine Pratique. Il est à noter que le privilège Royal de ce dernier daté du 16 avril 1743 mentionne le nom de la Métrie que Voltaire reprendra plus tard.

Il accompagna le général Louis VII duc de Gramont dans ses combats durant la guerre de Succession d’Autriche et participa avec lui à la bataille de Dettingen (Bavière) qui se déroula le 17 juin 1743, au siège de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) le 11 octobre 1744 et durant lequel le médecin Malouin fut si malade de la fièvre chaude qui le fit délirer si bien que l’aumônier le crut atteint d’hérésie et fit sonner le tocsin contre lui. Ce fut après ce siège que le médecin fit publier à La Haye en 1745 l’ouvrage Histoire naturelle de l'âme qui lui valut le discrédit de la majorité des érudits qui n’apprécièrent pas sa façon d’aborder la métaphysique en tentant d’expliquer à l’aide de l’anatomie la texture déliée de l’entendement. Le Malouin n’y trouva que de la mécanique où d’autres avaient supposé une essence supérieure à la matière.

Voltaire écrivit : Ce véritable fou qui n’écrit que dans l’ivresse doit quitter la France. C’était faire fît de toute la méticulosité qu’avait mit l’auteur dans ses Observations de Médecine Pratique cinq années plus tôt mais qui néanmoins fut contraint de s’expatrier, face aux porteurs de robes et de bonnets carrés, dans un premier temps à Gand où il avait dirigé l’Hôpital puis à Middelburg mais revient à Leyde où il écrira et fera publier anonymement par Elie de Luzac son œuvre principale L’Homme Machine en décembre 1747.

Frédéric II apprécia immédiatement cet esprit irrévérencieux et libertin qui le fit devenir son lecteur et médecin ordinaire avant d’être nommé membre de l’Académie des Sciences de Berlin. Il put ainsi continuer ses études et produire ses ouvrages de philosophie matérialiste tels L’Homme plante (Postdam en 1748 chez Chrétien-Frédéric Voss), L’Homme plus que machine qui parut en 1748 sans nom d’auteur, sans indication de lieu et sans mention d’éditeur mais qui fut réimprimé uniquement dans l’ouvrage en deux tomes réunis Œuvres Philosophiques de Mr. De la Mettrie édité à Berlin en 1774 ce qui fait de celui-ci un très rare document, Discours sur le bonheur, Les animaux plus que machines (1750), Le système d’Épicure (1750) et Réflexions philosophiques sur l'origine des animaux (Berlin en 1750).

Voltaire disait à propos de L’Homme Machine : Est-ce là ce rayon de l’Essence suprême, Que l’on nous peint si lumineux ? Est-ce là cet esprit survivant à nous même ? Il naît avec nos sens, croît, s’affaiblit comme eux. Hélas ! il périra de même.

Julien Offray de la Mettrie concluait ainsi : L’homme est une machine et il n’y a dans tout l’univers qu’une seule substance diversement modifiée.

La vie du médecin Malouin fut tumultueuse et polémiste et les attaques des ses rivaux furent fulgurantes comme le fut son décès survenu brutalement, à la suite d’une intoxication alimentaire à Berlin le 11 novembre 1751 alors qu’i n’était âgé que de 43 ans.

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