La construction des chemins de fer a été retardée par les querelles de l’Allemagne, puis par la guerre de 1914. Aux termes des lettres explicatives annexées à la convention franco-allemande de 1911, la mise en adjudication du chemin de fer de Tanger à Fès ne devait être primée par celle d’aucun autre chemin de fer marocain. Pourtant l’Allemagne avait dû admettre l’établissement rapide des voies de 0m.60 pour le transport des troupes et la pacification du Maroc : il ne s’agissait là que d’un réseau stratégique et de voies légères, système Decauville, construites par le génie militaire.
Ce réseau commencé dès 1911, se développa avec une remarquable rapidité ; en dix ans il atteignit un parcours total d’environ 1300 kilomètres. Il joignait d’abord, en 1905, Casablanca et Rabat à Meknès et Fès, d’une part, Oudjda à Taza, d’autre part ; la liaison Fès-Taza, retardée à la fois par des raisons de sécurité et des difficultés techniques, ne fut réalisée que le 31 juillet 1921.
De ce grand central marocain partirent des voies secondaires et celle de Kénitra-Ouezzan fut réalisée en 1922.
La guerre de 1914 annulant les engagements pris envers l’Allemagne, ces voies stratégiques, dès 1916, purent servirent en même temps au trafic commercial. Mais, leur rendement était forcément limité.
Aussi, dès après la guerre, on s’appliqua résolument à la construction de voies normales (1m.44).
Ce réseau comporta, entre autres, un ligne côtière Casablanca-Rabat-Kénitra longue de 145 km qui en 1931 était déjà électrifiée. Une voie transversale fut aussi construite entre kénitra et Petitjean longue de 85 km.
La construction et l’exploitation de ces lignes ont été réglées par une convention que le Parlement Français a approuvé en 1920 ; elles ont été confiées à un consortium qui comprenait la Compagnie générale du Maroc, la Compagnie Paris-Lyon-Méditérannée, la Compagnie d’Orléans et la Compagnie Marocaine.