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Quand se déroula la Libération de Saint-Malo ?
Afin de définir le jour de la Libération de Saint-Malo il est péremptoire de fixer trois dates importantes (13, 14 et 17 août 1944).
Aussi, il est utile de rappeler que, juste avant l’occupation de la région Malouine par les Allemands, les communes de Paramé, Saint-Malo et Saint-Servan étaient indépendantes. Ces trois communes étaient donc peuplées par des Paraméens, des Malouins et des Servannais, chacun fortement attaché à son environnement.
Mais, le 19 juin 1940, le Sénateur-Maire de Saint-Malo, Alphonse Gasnier-Duparc, proclama que l’arrivée des troupes Allemandes était imminente, après en avoir été informé, le jour même, par des émissaires de celles-ci. Ce fut, le lendemain, 20 juin 1940, que Saint-Malo fut envahit par la 77ème division motorisée de la VIIème armée allemande.

Aussitôt, le Maire fut conduit chez le Commandant Militaire Cloass, qui s’était installé dans la caserne de Rocabey qui, dès lors, devint von Reichenau Kaserne. Ce dernier, chargea alors le Maire de Saint-Malo de gérer provisoirement l’administration et la police des communes de Paramé, Saint-Malo et Saint-Servan puis déclara que ces trois communes formaient dorénavant une seule ville.

Alphonse Gasnier-Duparc fut démis de ses fonctions, le 03 juillet 1940 par le Gouvernement de Vichy qui le remplaça le 01 août suivant par Auguste Briand qui fut remplacé le 06 août 1944 par René Delannoy.

Ce 20 juin 1940, est né le Grand Saint-Malo inventé par les Allemands et où régna le monde de l’interdit, du Reichmark et de l’heure allemande obligatoire dès le 21 juin à 12 heures qui vit les pendules avancées d'une heure.

Sans doute et involontairement, les Allemands balisèrent méthodiquement le chemin subliminal et perturbèrent les esprits des Malouins puisque vingt sept ans plus tard, le décret du 26 octobre 1967, fit voir le jour à la fusion des trois communes donnant naissance au Grand Saint-Malo actuel qui fut, pour la première mandature, dirigé par Marcel Planchet élu Maire le 26 novembre suivant.

Revenons à la Libération de Saint-Malo dont les prémices eurent lieu le 03 août 1944 lorsque le Colonel Andréas Karl Maria von Aulock ordonna l’évacuation de tous les civiles vers les campagnes. Ce Colonel Allemand, âgé de 51 ans, d’origine Prussienne né le 23 mars 1893 à Kostau (aujourd’hui Kostov en Pologne), était alors le Commandant de l’ensemble de la région Malouine qui fut appelée la Forteresse (Festung) de Saint-Malo (depuis Cancale jusqu’à Saint-Briac).

Le lendemain 04 août 1944 les Forces Alliées avaient déjà procédé à l’encerclement de l’agglomération Malouine et le 06 août 1944 les premières bombes tombèrent sur l’Intra-muros vers 11 heures 30. La flèche de la Cathédrale fut abattue, ce même jour, vers 14 heures par une salve tirée depuis un dragueur de mines allemand de la Kriegsmarine entré dans le Bassin Vauban. Le lendemain 7 août 1944, environ 350 hommes de l'Intra-muros furent internés dans le fort National pendant que les premiers prisonniers Allemands étaient capturés.

Le 8 août, les allemands firent sauter l’écluse, le Môle des Noires, la Capitainerie et sabordèrent environ 50 navires et le 9 août un obus tomba sur le fort National tuant 11 otages.

Le 10 août, les bombardements s’intensifièrent depuis Saint-Ideuc et le Petit-Paramé et de nombreux prisonniers Allemands furent concentrés dans un champ de choux à Paramé alors que deux F.F.I. étaient tués à proximité de la porte Saint-Vincent.

Le Grand Donjon du château et la place Chateaubriand furent bombardés et un F.F.I. fut tué lors d’un assaut en vain de la cité d’Alet le 11 août puis, le samedi 12 août l’artillerie Américaine pilonna le quartier de la Croix-Désilles et de Saint-Ideuc et remporta la victoire. Mais, les Allemands retranchés dans le fort de la Varde, puissamment armé, résistaient encore.

Il fallut attendre le lendemain, dimanche 13 août vers 21 heures 30, pour que les Allemands renoncent au combat laissant ainsi le quartier de la Varde entre les mains des alliés. Le siège de Paramé était terminé et la commune devint alors libérée.

Durant cette semaine du 06 au 13 août 1944 les quartiers de Paramé et de Saint-Malo tombèrent un à un entre les mains des Américains et le lundi 14 août, vers 9 heures, plusieurs chars alliés tirèrent, depuis le quai Duguay-Trouin, de nombreuses salves vers le château et tentèrent de pénétrer dans Intra-muros par la porte Saint-Vincent mais trop étroite pour les laisser passer. Intra-muros fut alors envahi par les fantassins alliés guidés par des F.F.I.

Il restait alors à prendre le bastion de la Hollande aux Allemands. L’assaut fut rapide et le Lieutenant Franz Küster, qui dirigeait la défense Allemande dans Intra-muros, comprit rapidement qu’il ne pouvait plus résister et décida de rendre ses armes aux Américains vers 16 heures 10, après en avoir informé le Colonel Andréas Von Aulock. Saint-Malo était libéré.

De plus, il restait Saint-Servan et son fort de la cité d’Alet, comprenant presque 1500 mètres de nombreuses galeries souterraines et abritant le quartier général du Colonel Von Aulock qui résistait fortement à la pression des Alliés. Il fallut trois jours de combats acharnés soutenus par des bombardements au phosphore pour qu’enfin, le jeudi 17 août, l’ordre de reddition, approuvé par les Américains, soit donné par le Colonel Von Aulock peu avant 15 heures 30. La commune de Saint-Servan était libérée et le lendemain les Servannais chantaient la Marseillaise pendant qu'était hissé le drapeau Français sur le toit de l'Hôtel de ville.

Ainsi, Paramé fut libéré le 13 août 1944, Saint-Malo le 14 août 1944 et le 17 août 1944 fut en fait le jour de la libération de Saint-Servan mais aussi celui de la libération du Grand Saint-Malo Allemand.

La commémoration de la libération de Saint-Malo est donc bien le 14 août car aujourd'hui encore, les Paraméens, les Malouins et les Servannais sont toujours attachés à leur histoire.

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