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Les Paris sur les Courses de Chevaux en France

Les jurisprudences jusqu'à la loi de 1891

La poule ou pari au chapeau

On place dans un chapeau, autant de tickets numérotés qu'il y a de chevaux partants dans la course. Chaque joueur paie une mise et retire un ticket; celui qui possède le numéro du cheval gagnant perçoit le total des mises moins le prélèvement de l'organisateur. La poule est un véritable jeu de hasard où n'intervient en rien la connaissance de la valeur des chevaux.

Le pari mutuel

Ce genre de pari présente une supériorité sur la poule en ce sens que le joueur choisit lui-même le ticket portant le numéro du cheval sur lequel il veut placer ses mises. Les sommes engagées par les joueurs sont centralisées et attribuées en totalité, moins le pourcentage prélevé au bénéfice de l'agence, aux preneurs des tickets portant le numéro du cheval gagnant dans la proportion de leur mises respectives. Ce pari mutuel des agences, qu'il ne faut pas confondre avec celui qui est exploité sous la loi de 1891, pouvait se jouer par combinaison de plusieurs chevaux.

Le pari à la cote

Dans ce genre de pari, la quotité du gain au lieu d'être inconnue à l'avance comme pour le pari mutuel, est déterminée par une cote établie d'après les chances respectives de chacun des concurrents évaluées par le bookmaker qui joue contre la chance du cheval qu'on lui demande. Suivant que la probabilité de succès de chaque cheval augmente ou diminue, suivant que l'offre du public se fait pressante ou rare, la cote est susceptible de varier à l'infini, mais le joueur qui a pris le cheval gagnant à une cote déterminée, est sûr du montant de son gain.

Le pari au livre

Ce genre de pari ne diffère du pari à la cote qu'en ce sens que le bookmaker joue uniquement avec des clients connus de lui, dont il n'exige pas le versement immédiat des mises engagées. Il consigne sur un livre les opérations faites avec eux et ne règle qu'à intervalle déterminé la différence en plus ou en moins qui découle de leurs comptes.

Le 8 avril 1869 le Tribunal de la Seine et la cour d'Appel de Paris condamne les paris dits à la poule en les plaçant sous le coup de la loi du 21 mai 1836 qui prohibait les loteries.

Au cours de l'année 1874, on dénombrait, le jour du grand Prix de Paris sur l'hippodrome de Longchamp, soixante-dix voitures affectées à l'exploitation des paris et, le 27 août de cette même année l'agence Oller était déférée au tribunal correctionnel de la Seine qui condamne le pari mutuel en l'assimilant, pour les joueurs non éclairés, à un jeu de hasard.

Le 5 janvier 1877, la cour de cassation concluait que dans les paris à la cote la chance prédominait sur l'adresse et les combinaisons de l'intelligence ce qui est précisément la caractère des jeux de hasard. Ainsi, à son tour le pari à la cote, tombait sous les rigueurs de la loi.

Le 12 mars 1887, le Préfet de la Seine faisait sommation aux sociétés de courses de Longchamp, Auteuil et Vincennes, les seuls hippodromes qui fissent partie de son ressort, d'avoir à interdire la pose de piquets et toute installation à l'usage des bookmakers sur les terrains loués par la ville de Paris. Quelques jours plus tard, M. Goblet, Président du Conseil et Ministre de l'Intérieur, généralisait cette mesure, par une circulaire en date du 15 mars 1887, invitant les préfets à interdire d'une façon formelle et définitive les paris de toute nature engagés sur les champs de courses, sans faire aucune distinction entre le pesage, la pelouse, où même en dehors des hippodromes.

Le 28 avril 1887, un arrêté ministériel autorise les principales sociétés de courses à établir et à exploiter elles-mêmes, sur leurs hippodromes, une sorte de jeu déjà pratiqué en Allemagne, en Autriche et en Russie, sous le nom de "totalisator" et qui supprimait le bookmaker joueur de profession. C'était tout simplement la réapparition du pari mutuel sans les agences.

Le 2 juin 1891, une loi, délibérée et adoptée par le sénat et par la chambre des députés, promulgue le principe du Pari-Mutuel.

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