 Madeleine-Marie Morice naquit dans la soirée du mercredi 31 juillet 1736 à la métairie du Vausserin, paroisse de Néant-sur-Yvel (Morbihan).
En décembre 1764, alors âgée de 28 ans Madeleine Morice entra partiellement au service de Mme du Guiny dans le château de Porcaro. Elle y décèdera le 17 mars 1769. A la suite dévénements visionnaires curieux relatés par Madeleine Morice dans plusieurs courriers au sens mystique dans lesquels elle raconte sa vie intérieure, Mme du Guiny décida, en 1766, dinformer Joseph Vavasseur, Recteur de Ploërmel. Ce dernier mit l'évêque de Saint-Malo, Jean-Joseph de
Fogasses de La Bastie au courant de cette affaire délicate. Le Prélat Malouin fit, dès le 31 mai, mener secrètement une enquête afin que Mme du Guiny relate précisément, par écrit, les faits dont elle fut le témoin. Jean-Joseph de Fogasses de La Bastie, déjà malade et après sêtre retiré au séminaire de Saint-Méen, demanda, après les dernières explications de Mme du Guiny à Joseph Gérard, Recteur de Saint-Malo-de-Beignon, et à Pierre-François Pâris, Recteur de Guignen, daller au château de Porcaro afin dy entendre Madeleine Morice les 30 août et 1er septembre de cette année 1766. Après le résultat de son enquête, Jean-Joseph de Fogasses de La Bastie ne cessa jusquà son dernier jour, de senquérir de lhumble fille. Quelques jours après le décès de Jean-Joseph de Fogasses de La Bastie, alors que Madeleine Morice, priait le 2 février 1767, pour le repos de lâme du
prélat, celle-ci eut deux visions ; lune relative au défunt lautre pour son successeur. Lhumble institutrice en fit part au père Le Sancquer qui soccupait déjà delle et il lui demanda den faire une relation écrite et signée. Madeleine Morice expliqua quelle crut tout dabord voir le défunt entrer au ciel. Il lui apparut tel quil était de son vivant, en costume dévêque ; il
était de taille élevée, dune pâleur et dune maigreur extrêmes; il avait le nez long, le menton long et pointu ; sa bouche déformée était tournée vers la droite. Deux anges le soutenaient et il ne semblait pas toucher la terre. Dès que cette apparition se fût évanouie, une autre se présenta : cétait un prêtre ; il regardait Madeleine fixement. Puis une voix intérieure se fit entendre en disant voilà le successeur de celui que vous venez de voir.
Madeleine décrit alors ce prêtre : il a une taille de cinq pieds trois ou quatre pouces, gros, visage coloré, front un peu bas, nez assez gros, lèvres très épaisses, sourcils noirs, perruque noire et poudrée, air doux et bon. Après avoir lu ce signalement Mme du Guiny déclara que cela était exactement le signalement dAntoine-Joseph des Laurents qui effectivement succédera au
défunt prélat et qui était totalement méconnu de Madeleine Morice selon lAbbé Nicol mais pas daprès la Mère Saint-Jérôme qui précise que Madeleine
avait une fois aperçu, à la tombée de la nuit, lAbbé des Laurents.
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