Nous contacter  
   

Historique de la ville de Mehdia

Mehdia et l'embouchure de l'Oued Sebou

A l'intérieur, à quelques kilomètres de Kénitra, à l'embouchure de l'oued Sebou, s'érige la vieille casbah de (1) Mehdia, dont les ruines se dressent sur une colline, sorte de tumulus qui a vu, au cours des millénaires s’élever successivement des constructions Carthaginoises, Romaines puis, Vandales sur l'emplacement choisi par Hannon lors de son périple africain.

Ce fut l'ancienne Thymateria des temps Puniques, au VIe siècle avant Jésus-Christ, passée ensuite sous la domination Romaine et redevenue EL Mamora alors qu'une tribu berbère, les Beni-Ifrène l'occupèrent vers 900 de notre ère.

Des colonies Phéniciennes, Romaines s'agglomérèrent autour d'elle, avant l'invasion Vandale et l'anarchie qui la suivit.

Yacoub El Mansour vers 1185 essaya de faire refleurir ce centre d'échanges et fît bâtir la casbah, qui eût ses moments de gloire lorsque sévissait la Piraterie Barbaresque. Temps de gloire qui attirèrent des représailles Espagnoles, Hollandaises et même en 1614 sa prise en possession par les Espagnoles.

Le 6 Juin 1614 la vigie de la forteresse des pirates de La Mamora appelée aujourd'hui Mehdia, signalait deux vaisseaux battant pavillon de Savoie qui entraient dans le Sebou.

Le Capitaine Henry Mainwaring, qui dirigeait la "République des Pirates de La Mamora" reçu le capitaine Antoine de Salette, sieur de Saint-Mandrier qui venait au nom de Charles Emmanuel 1er, lui offrir la protection de la Savoie.

Charles Emmanuel 1er venait de perdre la Montferrat qu'il avait dû rendre à l’Espagne et rêvait de vengeance. Aussi, Saint-Mandrier le persuada de prendre la guerre de course contre l'Espagnol et de s'assurer pour cela, moyennant sa protection, l'alliance des pirates de La Mamora. Ceux-ci étaient arrivés grâce à leur organisation et à leur habileté, à représenter une force incontournable et étaient soit un danger soit une aide pour qui savait l'employer.

La forteresse de Mehdia était armée de canons qui avec ceux installés sur l'autre rive assuraient la défense de la passe et la protection des vaisseaux qui venaient, après la course, s'embosser en rivière, à l'abri de Mehdia pour y décharger leur butin, sous la surveillance d'un anglais, Henry Mainwaring chef de cette "Compagnie de Pirates".

Les conversations commencèrent entre Mainwaring et Saint-Mandrier mais le 27 Juin, trois frégates Hollandaises, sous le commandement de l'Amiral Jan Eversten, venaient mettre le blocus devant le Sebou. Les discussions duraient encore lorsque l'Amiral Espagnol Fajardo paraissait avec quatre-vingt dix neuf voiles.

Le Hollandais salua les couleurs et disparut sans insister. Fajardo s'empara de la batterie Nord et retourna les canons contre la forteresse de Mehdia.

Mainwaring mit, aussitôt, le feu à ses prises et s'enfuit à pied chez ses "collègues" les pirates de Salé.

Saint-Mandrier, gentilhomme Toulonnais, était d'une autre trempe. Il arma le Faisant Doré, hissa les couleurs et courut sus à l'ennemi.

Mais il fut si rudement accueilli par les vaisseaux de l'Amiral Fajardo qu'il fut contraint de fuir en remontant le Sebou jusqu'en forêt de Mamora où, il s'échoua.

De là, il remonta, à pied, jusqu'à Fès où il fut fait prisonnier avec ses hommes et présenté au Roi qui, voyant sa bonne mine et celles de ses gens, l’employa en ses guerres, tant pour l'Infanterie que pour la Cavalerie, en quoi il réussit parfaitement bien.

Port-Lyautey voudra t-il garder le souvenir du Paon Doré qui, le premier, a remonté le Sebou.

(1) Orthographe officielle d'après l'arrêté viziriel du 17 mai 1933.

Il y a actuellement 9 visiteurs connectés sur carphaz.com
Page visitée avec : CCBot/2.0 (http://commoncrawl.org/faq/)