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Le Pénitencier

Le Pénitencier de Kénitra en 1931

Le pénitencier de Kénitra a remplacé celui de Dar-Bel-Hamrit qui en 1931 n'existe plus. Ce bel établissement tout neuf dont six miradors aux abris de tôle dominaient l'enceinte aux murs blancs avec des toits de tuiles rouges se situait le long de la voie ferrée.

Il était réservé aux soldats qui avaient été condamnés, pour la première fois, par le Tribunal Militaire à des peines allant de six mois à un an de prison pour des délits de désertion, refus d'obéissance, vols d'armes ou d'effets militaires avec l'intention de les revendre, outrages à des supérieurs pendant le service. La surveillance était assurée par les "chaouchs" sénégalais.

Le train qui s'arrêtait à Kénitra était celui qui de Fès à Marrakech, en passant par Casablanca reliait deux fois par jour le Nord au Sud du Maroc. Ce train était composé de wagons blancs et jaunes dont les classes s'échelonnaient jusqu'à quatre.

Les soldats, qui menottes aux poignets, étaient transférés à Kénitra, ou qui, libérés, les mains libres rejoignaient leurs bataillons, voyageaient en troisième classe.

La vie au pénitencier était celle du régime cellulaire où les quelques deux cent prisonniers étaient logés dans des cellules individuelles d'où ils ne sortaient qu'aux heures du travail et des repas.

Le travail était de dix heures par jour, dans les différents chantiers du génie, constructions militaires, fabrication des draps de lit et la réparation du matériel des hôpitaux. Les chantiers du campement et des corps de troupe : réparation des toiles de tente des marabouts, blanchissage des sacs de couchage.

Le chantier du jardin avec l'entretien du potager de la prison. Ce dernier chantier était réservé aux libérables qui ne risquaient pas de tenter de s'évader. Ce travail avait lieu chaque jour sauf le samedi après-midi, consacré aux corvées de propreté, le dimanche aux jeux et à la correspondance.

Certains prisonniers, les "pégriots", prétendaient ne pas avoir à se plaindre, allant jusqu'à dire que si le temps passé au pénitencier avait pu compter dans leur durée d' incorporation au service militaire ils auraient préférés rester ici plus qu'ailleurs. Ce qui n'était pas le cas puisque le nombre des jours passés à Kénitra, s'ajoutait à la durée du service du condamné.

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