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Fort de la Conchée

Les Conchées, sont un ensemble d'îlots rocheux qui s'étendent à environ 3 Kms (1,62 mile marin) au Nord de Saint-Malo et à environ 1,5 Km (0,80 mile marin) au Nord-Est de l'île de Cézembre.

Sur le plus important de ces îlots, le rocher de Quince, le fort bâtît d'après les plans établis par Vauban sous la direction de Siméon de Garengeau mesure environ 18 mètres de large et 35 mètres de long. Sa construction a débutée en 1693 et s’est terminée en 1726 par celle des logis placés sur la terrasse et la mise en service de la citerne. Ce vaisseau de granit dont les murs font plusieurs mètres d'épaisseurs était la fierté de Vauban qui à écrit qu'il n'y aurait rien de mieux fait ni de plus fort que les voûtes de la Conchée. Avec ses rochers inaccessibles, ses remparts et ses voûtes de granit, sa batterie barbette en forme de proue de vaisseau, ses casemates, son four à rougir les boulets, le fort de la Conchée passait pour imprenable.

Les travaux de construction des fondations du fort de la Conchée, avaient à peine débutés que celui-ci fut pris d'assaut par les troupes de la flotte Anglaise qui firent prisonniers l’ensemble des ouvriers qui y travaillait avant de détruire ce qui avait déjà été bâtit et de lancer entre les 26 et 29 novembre 1693 de violentes attaques sur Saint-Malo. Leur ultime arme fut la "Machine Infernale" navire remplit d'explosifs de toutes sorte qui devait allez exploser contre la tour Bidouane qui, alors, servait de poudrière. Cette tentative échoua et le navire explosa le 29 novembre au soir, entre le fort National et la Tour Bidouane, avant d'arriver à destination. Les Anglais renoncèrent à poursuivre leur attaque et prirent le large mais revinrent deux ans plus tard. Aussi, durant le bombardement de Saint-Malo du 13 au 18 juillet 1695, par la flotte Anglaise commandée par l'amiral John Berkeley, le fort de la Conchée fut pendant deux jours soumis aux tirs des canons ennemis sans que ceux-ci ne puissent venir à bout de la défense du fort.

Aussi, en 1697, pour des raisons budgétaires, le roi n'entretenait plus, pour le fort de la Conchée que, un bombardier pour 3 mortiers et 6 canonniers matelots. Ainsi, il fut décidé que pour servir les pièces d'artillerie il serait fait appel aux miliciens gardes côtes les plus intelligents et les plus énergiques auxquels on donna 26 sous par jour d'exercice. En cas d'alarme, ils étaient prévenus par le tocsin, par les feux des corps de garde de la côte et par des émissaires qui allaient, en diligence, les alerter dans leur paroisse. L'armement du fort était, pour cette année 1697, composé de 2 mortiers, 5 canons de 48 livres, 10 canons de 36 livres, 4 canons de 24 livres. Le fort était dirigé par 2 officiers qui avaient sous leurs ordres un bombardier, 6 canonniers de mer, 134 canonniers de milice et 30 soldats.

Un canon de 48 livres nécessitait 15 servants, la charge de poudre est de 20 livres, le diamètre de l'âme est de 194 mm, et celui du boulet de 186 mm.

L'organisation de la défense du fort de la Conchée était, au 1er janvier 1758, assurée par un capitaine de navire, 3 lieutenants, un chirurgien, un aumônier récollet, 150 canonniers, matelots et manoeuvres, 3 canonniers entretenus par la marine et un bombardier. A cette époque, son armement était composé de 5 canons de 48 livres et 10 canons de 36 livres.

Le rapport du citoyen Le Blanc du 25 fructidor de l'an 2 de la République (11 septembre 1794) indique que l'armement du fort de la Conchée était de 6 canons de 48 livres et 10 canons de 36 livres en fer, montés sur des affûts de côte et 2 mortiers de 8 pouces montés sur des affûts en bois. Les canons de ce fort croisaient leurs feux avec ceux de l'île Harbour, de la Varde et du fort Républicain et servaient à défendre l'entrée de la rade dite des Anglais. La garnison de ce fort comprenait, outre un commandant temporaire, un officier, 22 hommes tant sous-officiers que canonniers et 22 hommes d'infanterie.

Ce fort avait un four à rougir les boulets et tous les ustensiles indispensables à son usage. Un gardien à demeure était chargé des munitions pour l'artillerie.

Dans le cas d'une attaque le citoyen Le Blanc acte qu'il serait nécessaire que la garnison du fort soit de 3 officiers, 5 sous-officiers et 76 canonniers pour le service des pièces d'artillerie.

Pendant les guerres du premier Empire, le fort de la Conchée tint toujours à distance les frégates Anglaises et en 1807 ce fort comprenait encore 14 canons.

La proximité de l'île de Cézembre puissamment armée a diminué l'importance du fort de la Conchée et les travaux d'entretien furent suspendus dès 1823. Aussi, ce dernier fut déclassé en 1889 et vendu par l'état en 1900.

Le fort dont la superficie totale est estimée à 1600 m² comprend une grande terrasse avec des logis aux toits d'ardoises et plusieurs pièces souterraines dont un magasin à poudre, un magasin au bois, une chambre du canonnier, une chapelle, un magasin de vivres, une prison, un corps de garde, une pièce en virage où logeaient les canonniers et soldats, divers corridors ou passages souterrains.

Durant l'année 1943, l'armée Allemande utilisa le fort de la Conchée comme cible afin de régler ses tirs d’artillerie qui, ainsi, firent subir au vieux fort des dégâts considérables en détruisant partiellement sa partie sud et l'ensemble des logis situés sur la terrasse.

Quarante ans après la libération de Saint-Malo, le fort de la Conchée sera, dans sa totalité, classé Monument Historique en 1984. Depuis 1990, la restauration du fort est entreprise par la Compagnie du Fort de la Conchée.

Cette association qui regroupe une vingtaine de passionnés est alors présidée par M. Alain Rondeau qui fait reconstruire le logis principal situé sur la terrasse ainsi que deux autres protégeant l'escalier intérieur. L'accès du fort étant difficile par mer, certains matériaux sont apportés par hélicoptère.

Puis, dès l'année 2005, les logis situés sur la terrasse sont réhabilités et restaurés. Par la suite, débutèrent en 2008 les travaux de restauration des salles basses. Ces derniers durèrent près de trois années pour aboutir en mai 2011 à l'inauguration des salles des canonniers totalement nettoyées et reconstruites y compris les vantaux des meurtrières.

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