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Les Forts de mer et la défense militaire de Saint-Malo

Afin d'assurer sa défense, la ville de Saint-Malo disposait de quatre forts de mer, le plus proche est celui de l'Islet (fort Royal, aujourd'hui fort national), le fort de la Conchée, le fort du Petit Bé et le fort de l'île Harbour auxquels il fallait adjoindre le fortin du Grand Bé, le fort de la pointe de la Varde, celui du fort la Latte, du Naye, de la tour Solidor et celui de l'île de Cézembre.

Vauban, considérait la ville de Saint-Malo comme un presqu'île située au fond du Clos-Poulet bornée à l'Ouest par la Rance, au Nord par la Manche, à l'Est par la baie de Cancale et les marais de Dol et au Sud par ces mêmes marais et ceux de Saint-Suliac. Les fortifications voulues par Vauban et réalisées entre 1689 et 1700 vont mettre Saint-Malo hors d'atteinte par des travaux complets de la pointe de Cancale au cap Fréhel, appuyés sur Châteauneuf, Dinan et Dol. Le château, la tour Solidor, le fort La Latte réaménagés sont complétés par les batteries du fort de l'Arboulé à la pointe de La Varde, des îles des Ebihens, Cézembre, Harbour, La Conchée, du Naye (Ile Dorée), Grand Bé, Petit Bé et Islet.

La ville de Saint-Malo qui est située à 48° 39’ 1" de latitude Nord et à 4° 21’ 47" de longitude Ouest, est bâtie sur un rocher qui n’était réuni à la terre ferme que par ce qui est aujourd’hui appelé la chaussée du Sillon, étroite et construite par des mains d’hommes qui fermait la partie Nord du port de marée.

La ville de Saint-Malo possédait un gouvernement militaire particulier, avec à sa tête un gouverneur qui était réputé loger dans le château, lui-même placé sous les ordres du lieutenant-général des armées, commandant en chef de la province. Ce gouvernement était composé d'un commandant, d'un lieutenant du roi, d'un major et d'un colonel de brigade du génie. Un autre gouvernement, plus petit, était situé au château de la Latte. Celui-ci, comme tous les autres forts de la baie de Saint-Malo qu'ils soient de mer ou de terre était sous l'autorité du gouverneur militaire de Saint-Malo. Le gouvernement de Saint-Malo possédait une garnison entretenue par le roi et percevait ainsi le dixième des prises rentrées dans l'ensemble des ports placés sous sa juridiction.

Aussi, le 9 mai 1694, après l'attaque et le bombardement avortés contre la ville de Saint-Malo, durant la période du 26 au 29 novembre 1693 par les Anglais, Vauban, donnait, par écrit, ses instructions pour la défense militaire assurée depuis les forts de Saint-Malo. Ainsi, il préconisait un commandant sédentaire dans le fort de l'île Harbour responsable des magasins à vivres et munitions de guerre assisté d'un maître canonnier qui tiendrait là une petite cantine pour le secours des gardes du fort. Ce commandant devrait être un ancien officier de marine de manière à ce qu'il connaisse les vents, le principe des marées ainsi que la manœuvre des vaisseaux pour qu'il soit capable de bien juger de leurs qualités, de leurs routes et de leurs desseins et enfin qu'il entende les signaux. Les affûts du fort étant marins le canonnier devra l'être lui-même. Vauban précisait que les mêmes qualités devaient êtres requises pour le commandant des forts de la Conchée et La Latte.

A cette époque, Vauban avait visité les forts et constatait qu'il y avait 14 mortiers sur le fort du Petit Bé, 12 mortiers sur le fort de l'Islet et 14 sur le fort de l'île Harbour. Il prévoyait d'armer le Grand Bé de 6 mortiers supplémentaires aux 3 existants et de pourvoir le fort de la Conchée de 6 canons lorsque les travaux seraient terminés.

Cette défense préconisée par Vauban, en 1694, montrait l'importance stratégique de la ville de Saint-Malo. Aussi, deux siècles et demi après, celle-ci par son importance allait conduire à la destruction quasi-totale de Saint-Malo. En effet, reprise par les stratèges de l'armée Allemande cette défense dont l'organisation TODT était le maître d'œuvre allait être englobée dans un vaste ensemble de défense militaire et en faire l'un des endroits le plus fortifié de la région que les troupes alliées pilonnèrent sans cesse durant le mois d'août 1944.

Saint-Malo fut détruit aux trois quarts et le patrimoine historique de l'Intra-Muros quasi anéanti. La reconstruction de Saint-Malo, conçue sur les bases du plan d'urbanisme présenté par Marc Brillaud de Laujardière, urbaniste en chef, à été effectuée durant la période des années allant du 10 mai 1948 à 1960, en précisant que le clocher de la Cathédrale ne fut achevé que lors de l'année 1972. Guy La Chambre, élu Maire de Saint-Malo en 1947, fut le Président de l'Association Syndicale de Reconstruction de Saint-Malo, fondée le 9 février 1948, avec Marcel Billon et Pierre Bessec comme Vice-Présidents. Louis Arretche fut, le 14 mai 1947, nommé architecte en chef de la reconstruction et A. Murat fut son adjoint. Quant à Raymond Cornon il fut l'architecte en chef des Monuments Historiques.

Durant les dix huit mois qui précédèrent les débuts des chantiers de reconstruction, des travaux de déblaiement titanesques avaient permit d'extraire et de transporter à l'extérieur de l'Intra-Muros quelques 750.000 tonnes de matériaux étalés, triés, récupérés et chaque pierre numérotée en vue de leur réemploi. Seules, quelques demeures, allaient être reconstruites selon le modèle ancien et notamment les N° 1,3 et 2,4 de la rue Saint-Vincent.

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