 René Trouin, sieur du Gué communément appelé Du Guay-Trouin, Lieutenant Général des armées navales du roi et commandeur de l'ordre de Saint-Louis. René Trouin naquit à Saint-Malo le 10 Juin 1673, quatrième enfant de Luc Trouin, sieur de la Barbinais et de Marguerite Boscher. Il fut ondoyé le jour de sa naissance et baptisé le 13 Août. Peu après, il fut mis en nourrice au village du Gué près de la Barbinais. René Trouin, s’embarqua comme volontaire à bord de la "Trinité" le 16 décembre 1690. Lors de la prise du "François Samuel" et des "Sept Étoiles d Écosse" il se conduisit avec tant de bravoure, sous les ordres de Legoux, que peu après ses dix huit ans et demi, on lui confia le "Danycan". Durant ses séjours à Saint-Malo René Trouin faisait la fête. Le jeu, l'exercice et le beau sexe l’occupaient tour à tour. Le 6 Juin 1692 le roi lui confia l' "Hermine" avec lequel il prit à l'entrée de la Manche cinq navires ennemis. Le 12 Avril 1694 au commandement de la "Diligente" Duguay-Trouin fut serré contre la côte anglaise par six vaisseaux britanniques de l’escadre bleue de l' Amiral David Mitchel. La "Diligente" délabrée et ayant perdue la plupart de ses hommes, dut amener les couleurs. Le capitaine anglais, conscient de la bravoure du Malouin le fit conduire à Plymouth. Là l’amirauté anglaise ayant apprit que Trouin avait tiré sur son vaisseau le "Prince' Orange" après avoir arboré le pavillon anglais, le fit mettre dans une pièce grillagée. Le 19 Juin 1694, Duguay-Trouin s' évadait d' Angleterre, de façon rocambolesque, en s' embarquant sur une chaloupe qu' il avait fait acheter à un capitaine Suédois ami dont le navire était ancré non loin de Plymouth. Il était accompagné du Lieutenant Nicolas Thomas, du chirurgien Lhermite, de Pierre Legendre et de son maître d’équipage. Il aborda la Bretagne près de Tréguier, puis regagna Saint-Malo. En 1697 la paix de Ryswick suspendit la course et Duguay-Trouin passait, dans Saint-Malo, son temps à faire la cour au beau sexe. Il eut un duel avec un gentilhomme nommé Charles Cognetz qui l’avait "friponné" au jeu de cartes. Il comparurent tous les deux devant M de Vauborel, commandant la place, qui leur interdit, au nom du roi, toutes voies de faits. En 1702, dès la reprise des hostilités de la guerre de succession d’Espagne il commanda entre autres la "Bellone" et la " Railleuse". Devenu officier de la Marine Royale Duguay-Trouin allait se battre sur toutes les mers, de Tripoli aux Açores, du Brésil jusqu' au Spitzberg. Le 21 septembre 1711, Duguay-Trouin, réussit un exploit retentissant en se rendant maître de la ville de Rio de Janeiro dont les fortifications étaient considérées imprenables. En effet, la baie était battue par les feux croisés du fort de Sainte-Croix, et ceux du fort de Saint-Jean ainsi que de la Plage Vermeille. Une roche qui pointe au milieu de la passe oblige les navires à serrer les forts à portée de mousquets. La bataille durera 11 jours. En 1736, sentant sa fin prochaine, il écrivit à Fleury pour qu’il veuille bien recommander sa famille aux bontés de Louis XIV. Il reçut une réponse où on lui promit qu’en cas de rappel à Dieu, sa famille ne serait pas abandonnée. Quelques temps plus tard, à l’âge de soixante trois ans il mourut avec piété. |
Statue de Duguay-Trouin. Conservée dans le Musée de Saint-Malo. Armes : D’argent à une ancre de sable ; au chef d’azur, chargé de deux fleurs de lys d’or. Devise : Dedit hæc insignia virtus. |