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Les Grands Voiliers en escale à Saint-Malo

MARITÉ

Après la fin de la Grande Guerre 1914-1918, le Gouvernement Français décida de voter, en 1920, la loi dite 'des deux cent millions'. Celle-ci devait favoriser la relance de la construction de navires mixtes, voiles et moteur, pour la pêche ainsi que d'indemniser les armateurs.

Ces conditions permirent notamment, en 1921, la construction du dundee harenguier H.2 construit par les Chantiers Maritimes de Paimpol et Fécamp. Mais, ce type de bateau ne convenait pas aux armateurs et le Gouvernement Français décida de les céder à bas prix. Ce fut la Compagnie Charles le Borgne qui se porta acquéreur du navire qui fut transformé en trois-mats sous le nom de Marité en hommage à Marie-Thérèse la plus jeune fille de l'armateur. Il est à noter qu'un autre harenguier le H.17 fut construit à Saint-Malo puis transformé aussi en trois-mats sous le nom de Étoile de Noël pour l'armement Gustave Vasse.

Marité fut ensuite baptisé, à Fécamp quai Bérigny, le 24 juin 1923, par l'abbé Lecadre en présence de Marie-Thérèse le Borgne la marraine et du capitaine Gustave Ledun le parrain. Il fut le dernier voilier de grande pêche issu des chantiers Fécampois.

Ce morutier Fécampois débuta sa première campagne vers Terre-Neuve le 11 mars 1924 puis continua ainsi jusqu'en 1929. Après ses cinq campagnes de pêche sur les bancs le voilier fut jugé trop petit et fut alors désarmé et Charles Le Borgne se décida à vendre Marité en 1930. Ce fut, Arnold Peter Möller, un armateur Danois qui en devint le propriétaire. Celui-ci désirait armer Marité pour le cabotage et lui fit faire route vers Esbjerg son nouveau port d'attache où, il arriva le 7 janvier 1930. Par la suite, Marité partit vers les îles Féroé en 1935 où, le navire fut gréé d'une mature tronquée et puissamment motorisé pour revenir à la pêche à la morue dans les eaux du Groenland, de l'Islande et des îles Féroé.

Puis, en 1939 survint la guerre et le bateau fut réquisitionné en avril 1940 à la suite de l'invasion des îles Féroé par les Anglais. Le bateau servit alors à divers transports en direction de l'Angleterre. Après la guerre, en 1946, le bateau fut vendu à une coopérative ouvrière qui l'exploita à nouveau pour la pêche à la morue.

Mais, en 1954, Marité est revendu. Son nouveau propriétaire le transforma en bateau à moteur en supprimant ses trois-mats et sont beaupré. Le pont fut transformé et une timonerie métallique installée ainsi qu'une cheminée. Le beau trois-mâts perdit son âme et servit à la pêche au hareng et à la crevette avant de faire du cabotage et d'être désarmé, en 1973, puis abandonné aux îles Féroé le long d'un quai du petit port de Tvöröyri où, il resta jusqu'en 1977.

Ce fut cette année là que deux jeunes Suédois, Rickard Engberg et Staffan Lyrestam, décidèrent de racheter le navire dont la coque était encore parfaitement saine. La transaction ce fit le 1er juin 1978 et le navire fit route vers Stockholm où, durant huit années les travaux de restauration et de mises aux normes occupèrent les deux jeunes Suédois auxquels se sont joints trois amis. Enfin, en 1987, Marité renait et ce beau trois-mâts servit alors pendant plusieurs années pour des croisières autour des îles de l’archipel de Stockholm et en mer Baltique. Il sera aussi présent à New-York et à Porto-Rico ainsi que dans la mer du Nord.

Le succès de la goélette attira le brasseur Suédois Pripps qui, dès 1992, affrèta, cent jour pas an, le trois-mâts afin d'assurer la promotion de sa Société. Cette même année, à l'occasion du 500ème anniversaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, Marité participa à la Course des grands voiliers, la Columbus Race, au terme de laquelle, le navire fut classé troisième.

Mais, en 1998, le navire est vieillissant et les Suédois décidèrent de vendre la goélette à trois-mâts et huniers pour laquelle des Français avaient déjà l'intention de la faire rapatrier. Ce fut après une escale intentionnelle à Fécamp, en 1999, que le projet de rachat Français se mit en place progressivement avec le soutien de la ville de Rouen, de la Région de Haute Normandie mais aussi du groupe Total. Ainsi fut créé un Groupement d'Intérêts Public nommé Marité qui, le 12 mai 2004, devint le nouveau propriétaire du voilier qui le fit immatriculer à Rouen.

Ce G.I.P. confia la gestion de la goélette à huniers à l'armement Étoile Marine dirigé, à Saint-Malo, par Bob Escoffier. Elle fit alors un Tour de France pour l'émission Thalassa qui la fit venir à Saint-Malo du 27 juin au 02 juillet 2004. L'année suivante Marité était encore à Saint-Malo le 08 septembre 2005. Il s'avéra rapidement que la coque était en très mauvais état et il fallut la faire reconstruire totalement dès le 05 janvier 2006 à Cherbourg par le Chantier Naval Bernard. Après l'achèvement de celle-ci le 28 avril 2009 ce fut la pose des mâts et du gréement qui fut réalisée à Saint-Vaast-la-Hougue. Aussi, depuis le mois de mai 2011 le port d'attache de la goélette est Granville.

Depuis avril 2012, Marité navigue le long des côtes de la Manche, dans les golfes du Mont Saint-Michel et de Saint Brieuc, le long des côtes bretonnes et autour des îles anglo-normandes (Jersey et Guernesey notamment). Après dix ans d'absence, Marité était de nouveau en escale à Saint-Malo pour la Pentecôte 2014 (06 au 11 juin).

Trois-mâts goélette --- Classe : A

Nationalité : France

Longueur : 47 mètres

Port d'attache : Rouen (France)

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